Ce n'est pas un scoop, les écologistes s'intéressent au vélo. Ce qui est sans doute moins connu, c'est que les londoniens s'y intéressent aussi !

 

Londres est confronté à un problème majeur de congestion ayant des répercussions dramatiques sur la qualité de l'air. Aux yeux des autorités publiques, cette situation porte atteinte non seulement à la santé publique mais aussi, plus généralement à l’attractivité de la City.

 

Face à ces constats, un consensus politique s'est installé depuis près de 10 ans afin de solutionner ces problèmes. Différents outils ont ainsi été mis en place. Le plus connu est très certainement la « congestion charge », ce péage urbain dans le centre-ville. En parallèle, une politique cycliste ambitieuse se dessine. L'augmentation des déplacements cyclistes est perçue comme un réel levier d'amélioration de la qualité de vi(ll)e et participe ainsi pleinement à une vision, à un projet de ville durable, vivable et donc plus attractive.

 

Ce consensus politique a permis d'élaborer une vision de long terme en matière de mobilité cycliste, s'appuyant sur un cadre légal solide, des budgets identifiés et conséquents de même que sur une transversalité dans l'action publique (police, travaux publics, société de transport, autorités locales,…). A Londres, le vélo n'est pas l'appendice d'une politique de mobilité, il en est devenu un rouage essentiel.

 

Comme dans de nombreuses grandes villes, amener un nombre croissant de personnes à choisir le vélo pour se déplacer revient à améliorer le confort et la sécurité des cyclistes.

 

Cette volonté se traduit spectaculairement à Londres par une triple action publique.

La première consiste à développer 200 km d'infrastructure moderne, rapide et sécurisée par la réalisation « d'autoroutes » cyclistes séparées du trafic convergeant vers le centre-ville où elles rejoignent un réseau local balisé et aménagé. Le deuxième volet de cette action porte sur le développement d'une politique systématique de prévention des accidents grâce au lien étroit entre les services de police alliant présence de terrain, sensibilisation des cyclistes et des chauffeurs (de poids lourds) ainsi que des propositions d'aménagements de carrefour dangereux en cas d' accident. Enfin, une politique de lutte contre le vol de vélo complète l'éventail de mesures. Avec une diminution de ce phénomène de 28% en 5 ans, on peut dire que les mesures mises en place fonctionnent : cadenas efficaces/corrects, marquage, enregistrement des vélos et des vols, parking vélo repensé pour améliorer le contrôle social, veille policière sur les sites de reventes,…. S'ajoutent à ces mesures une collaboration étroite avec la justice pour infliger rapidement des sanctions financières dissuasives (650£ par vélo volé) lorsqu'un auteur est confondu.

 

Ce triptyque politique doit permettre de tripler les mouvements cyclistes journaliers en 10 ans.

 

A l'heure où Bruxelles s'asphyxie quotidiennement, où l'immobilité automobile devient la norme, l'exemple d'Outre-Manche nous montre la voie à suivre. Une politique volontariste, transversale, durable doit enfin voir le jour dans notre capitale, sur base d'un consensus politique dont l'objectif parait pourtant évident : faire de la Ville un lieu sain et attractif.

 

La mobilité est un enjeu de développement urbain, social et économique. La politique cycliste peut en être un levier essentiel. Les Londoniens l'ont compris. A son tour, Bruxelles doit passer le grand plateau !

 

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