Les déchets organiques représentent la moitié de nos déchets ménagers présents dans les sacs blancs. Afin d'atteindre les objectifs européens et bruxellois de valorisation de 50 % de nos déchets à l'horizon 2020, il est crucial de collecter cette fraction de déchets. C'est pourquoi la généralisation annoncée de leur collecte est plutôt une bonne nouvelle pour l'environnement. Reste à savoir ce que l'on en fait, une fois collecté.

 

C'est mue par cette interrogation /avec cette question que, ce mardi, la commission Environnement du Parlement bruxellois s'est rendue à Ypres. L'objectif de la visite était de constater de visu ce que réserve ce centre de biométhanisation à nos déchets organiques. Car, oui, c'est à quelque 120 km, soit1h30 de route de Bruxelles, que sont actuellement envoyés les déchets organiques collectés à Bruxelles. Un fameux voyage !

 

L'accueil par IVVO, l'intercommunale en charge de cette installation, a fait de cette excursion un moment riche d'enseignements :

 

1) Avec une installation de maximum 50.000 tonnes, le site de Ypres ne sera jamais en mesure d’accueillir, à terme, le volume de déchets organiques bruxellois collectés (de 60.000 à 80.000 tonnes)

 

2) Un mix déchets verts/déchets organiques est souhaitable, ce qui signifie que nos déchets verts collectés ( actuellement envoyés au centre de compostage de Forest, et source de nuisances olfactives) pourraient également être traité dans un tel centre

 

3) Les nuisances olfactives sont confinées au maximum à l'intérieur du périmètre du site, ce qui rend possible l'installation d'une telle usine dans un environnement semi-urbain.

 

4) 45 % de l'énergie verte produite est réinjectée sur le réseau et bénéficie de certificats verts.

 

Cette visite repose donc, avec acuité, la question de l'opportunité de la réalisation d'une usine de biométhanisation en Région bruxelloise ou à proximité directe de notre région, avec comme avantages :

- de limiter le transport de nos déchets

- de produire de l'énergie verte à Bruxelles et d'atteindre nos objectifs européens en la matière

- de développer une activité économique rentable sur notre territoire, s'inscrivant de plain-pied dans une logique d'économie circulaire.

 

L'option de la biométhanisation ne peut pas être écartée d'un revers de la main, comme le Gouvernement actuel le fait. Oui, un tel investissement a un coût. Oui, il faudrait réduire au maximum les nuisances olfactives. Oui, il faudrait décider de la technologie la plus opportune. Mais il s'agit, à tout le moins, d'analyser sérieusement cette opportunité économique et écologique. Sérieusement et urgemment.

 

 

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