Les cyclistes, victimes collatérales du piétonnier bruxellois ?

Les écologistes défendent évidemment l'objectif visant à repenser le partage de l'espace public pour laisser plus de place aux piétons et à la mobilité active. Cependant, j'interrogeais cette semaine le Ministre de la Mobilité quant à la manière dont la piétonnisation des boulevards du centre s’intègre dans la stratégie régionale en matière de mobilité et plus particulièrement de politique cycliste.

 

En effet, de nombreuses voix se sont fait entendre sur la place réservée aux cyclistes dans le cadre du nouveau plan de circulation de la Ville de Bruxelles. Les associations cyclistes,notamment, se sont fendues d’un communiqué de presse assez offensif, ce qui n'est guère dans leurs habitudes. Elles y dénoncent en vrac un manque d’espace pour les cyclistes, une absence d’infrastructures dans plusieurs artères, une piètre qualité des marquage temporaires, le stationnement sauvage sur les nouvelles pistes cyclables ou encore la densification du flux automobile dans des rues étroites, avec ses conséquences négatives sur les usagers actifs (suppression de lignes Sauwens – lignes continues qui visent à protéger les cyclistes et à renforcer leur place sur la voirie -pour permettre le dédoublement des voies routières). A cela s'ajoute une insécurité accrue sur la boucle de desserte et l'augmentation potentielle des conflits avec les piétons vu le renvoi occasionnel des cyclistes vers les trottoirs.

 

Les conditions de cyclabilité dans le centre-ville se sont donc manifestement dégradées depuis la mise en œuvre du piétonnier. Quels sont les moyens mis en œuvre par la Région pour vérifier que les aménagements - le miniring y compris- respectent bien les prescrits régionaux en matière de politique cycliste visant à assurer la sécurité, le confort, la rapidité, l’attrait et la cohérence des déplacements cyclistes ?

 

Le Ministre Smet a affirmé que de nombreuses réunions ont eu lieu entre la Ville de Bruxelles et la Région, tantôt au niveau des fonctionnaires, tantôt au niveau du cabinet. Il prétend que « l'espace dévolu aux cyclistes est plus important qu'auparavant » (sic). Il rappelle qu'il s'agit d'une phase test, dont les aménagements définitifs devront faire l'objet d'une demande de permis d'urbanisme. Il annonce que lorsque le plan de circulation sera peaufiné, les pistes cyclables deviendront en grande partie des pistes séparées et

surélevées, « là où c'est possible » (re-sic). « Il va de soi que les remarques formulées par les associations cyclistes seront prises en considération. Par ailleurs, la Région respecte l'ensemble des prescrits , y compris le Plan Iris 2 » ajoute-t-il.

 

De la réponse du Ministre, on peut donc déduire que les bonnes pratiques en matières d'aménagements cyclistes ne sont pour le moments pas appliquées dans le centre de notre ville. Gageons que dans le cadre des aménagements définitifs, le manager vélo sera sollicité pour formuler des recommandations et que celles-ci seront suivies afin de voir améliorer la sécurité, le confort et la rapidité des déplacements cyclistes. Par ailleurs, une vraie réflexion s'impose afin de garantir un passage aisé des cyclistes sur le piétonnier. Il ne s'agit pas de donner la possibilité aux cyclistes de rouler à 30km/h mais de leur garantir un passage fluide dans le piétonnier, via une signalisation claire.

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