Survol de Bruxelles - Le Gouvernement bruxellois doit passer de la musculation aux propositions alternatives

Le débat parlementaire au sujet du survol de Bruxelles aura été à la fois instructif et frustrant.

 

La cacophonie et l'amnésie politique dans les rangs de la majorité se sont heurtés à la présentation éclairante, implacable et inquiétante des chiffres et des mesures de bruit lié au survol de Bruxelles.

 

Ces dernières années, les décisions fédérales successives relatives à l'aéroport de Bruxelles-National ont modifié le schéma d'utilisation des pistes, les composantes de vents et les routes aériennes. Ces différentes décisions ont engendré une large contestation de la part des personnes survolées, en particulier à Bruxelles.

 

L'action citoyenne mais aussi les actions gouvernementales entreprises ont permis, à tout le moins, d'empêcher la pérennisation de l'inacceptable, du Plan Anciaux au Plan Wathelet.

 

Ce dossier délicat, complexe et multi-facettes, doit aujourd'hui être solutionné. Solutionné rapidement et structurellement.

 

Rapidement vu l'entrée en vigueur à la mi-juin 2016 du règlement européen relatif à l’établissement de règles et de procédures concernant l’introduction de restrictions d’exploitation liées au bruit dans les aéroports de l’Union dans le cadre d’une approche équilibrée. Passée cette date en effet, il deviendra extrêmement compliqué d'apporter de quelconques modifications limitant l'exploitation de l'aéroport de Bruxelles-National.

 

Ce problème doit donc trouver une solution rapide, et une solution structurelle.

 

Ces solutions durables en matière de survol aérien existent. Elles sont parfois anciennes ou actualisées (utilisation préférentielle de la 19 pour les décollages vers l'est, redéfinition des routes du Nord Denut). Elles sont très souvent résolument volontaristes (suppression des routes du canal et du ring, des vols de nuits, limiter le trafic et la croissance du fret). Elles sont pour certaines carrément novatrices comme le recul de la piste 25L.

 

Ecolo soutient totalement ces différentes propositions présentées cette semaine par l’association « Pas Question ». Nous remercions ses initiateurs et nous sommes convaincus que ce n'est qu'au travers de propositions et de changements significatifs voire radicaux dans l'approche de ce problème de nuisances sonores aériennes que des solutions émergeront. Des solutions qui devront impérativement et drastiquement diminuer le nombre de personnes victimes de ces nuisances.

 

Mais pour trouver des solutions durables dans ce dossier il faudra également se doter d'une autorité de contrôle indépendante. Et pour cela,il faut un accord de coopération, nous disait le Conseil d’État, déjà en 2007.

 

Et donc, le projet de loi relative aux modes d’élaboration, de fixation, de validation de l’ensemble des procédures aéronautiques en Belgique, la fameuse Vliegwet, n'est pas qu'un problème fédéral. Son urgence doit tous nous préoccuper. Et son élaboration doit absolument être concertée avec les régions concernées.

 

Sans concertation, pas de vliegwet. Pas de Vliegwet, pas de solutions structurelles.

 

Ce problème complexe et multi-facette doit donc trouver une solution politique avant juin prochain. Le temps de la musculation est bientôt révolu. Au delà donc des différentes procédures juridiques initiées ou envisagées par la Région Bruxelloise, la construction du rapport de force devra nécessairement et prochainement laisser la place à la négociation et au dialogue.

 

La Ministre annonce qu'elle a demandé à son administration de valider les options proposées par le Mouvement citoyen "Pas Question". Nous l'encourageons à se les approprier rapidement et politiquement. Nous invitons le Gouvernement à les proposer au Gouvernement fédéral lors des très prochaines et inéluctables négociations.

 

 

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