Depuis le 19 décembre, les eaux usées d’un million de Bruxellois sont à nouveau épurées. La pollution de la Senne a cessé et différentes espèces de poissons y sont à nouveau observées. Pour autant, le bras de fer qui oppose la Région de Bruxelles-Capitale à Aquiris, l’exploitant et propriétaire de la Station d’épuration Nord, n’est pas terminé.

Il faut le répéter. A l’aube du 8 décembre, aucune preuve tangible et vérifiable ne permettait de prédire le coup de force dans lequel Aquiris s’apprêtait à s’engager. Et en aucun cas, les accusations de mensonges proférées par Didier Gosuin, député et chef de groupe FDF au parlement bruxellois (opposition) à l’encontre d’Evelyne Huytebroeck, Ministre bruxelloise de l’Environnement, de l’Energie et de la Rénovation urbaine, ne sont acceptables. Il n’y a jamais eu de mensonge dans le chef de notre ministre, ni de volonté de dissimuler certains documents. Prudence et rigueur ont été les maîtres mots de la gestion de ce dossier depuis 2004. Evelyne Huytebroeck est par ailleurs la première à exiger la transparence dans ce dossier. Tous les documents qui pouvaient être divulgués ont été transmis aux députés bruxellois. Certains sont confidentiels et il faudra l’accord de la SBGE (Société bruxelloise de gestion de l’eau) et d’Aquiris pour les leur remettre.

On peut s’étonner dès lors de la virulence de Didier Gosuin à l’égard d’Evelyne Huytebroeck, lui qui, en tant que Ministre de la Politique de l’eau, a attribué à l’époque le marché à un partenaire privé, Aquiris. Était-ce vraiment le meilleur choix ? Que défend-il ? Didier Gosuin n’a jamais émis l’hypothèse de la responsabilité de l’exploitant. Il met en danger la Région de Bruxelles-Capitale et prend le risque de renforcer Aquiris en diffusant des documents qui pourraient être utiles dans la bataille juridique qui nous oppose à l’exploitant.

Depuis le début, la Région possède de nombreux éléments pour affirmer qu’Aquiris ne devait pas fermer totalement la Station. La société n’a jamais pu prouver ni la nécessité de cette fermeture abrupte liée à des gravats à l’entrée de la station ni les autres arguments qu’elle avance pour justifier les disfonctionnement de ses installations, c’est-à-dire la quantité anormalement élevée et imprévue de sable dans les effluents, les eaux entrantes de la station. Son objectif est uniquement financier : la réécriture du contrat qui la lie à la Région, un bonus de 40 millions d’euros et ce, sur le dos des Bruxellois.

Pour l’heure, après beaucoup de tension, le dialogue est rétabli avec Veolia, la maison-mère d’Aquiris. Toutefois, il faut rester prudent et étudier pour l’instant les différentes alternatives à l’exploitation de la Station par cette multinationale. La Région n’hésitera pas à appliquer un plan B si un nouvel arrêt de la Station devait intervenir et polluer à nouveau la Senne. De plus, une expertise contradictoire devrait être incessament décidée par la justice. Elle devra faire la lumière sur cette fermeture qui apparait de plus en plus clairement comme un chantage environnemental sans précédent.

Mais il faut le répéter : il n’est pas question que les Bruxellois et Bruxelloises payent pour les erreurs commises par Aquiris. Notre ministre continuera à faire tout ce qui est en son pouvoir pour défendre les Bruxellois et l’environnement.

 

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